Vu, entendu… (2)

Quatre personnes, quatre salles, quatre objets musicaux…

Prince Nunes Muñiz
chargé de l’entretien à la Rock School Barbey
Finalement, ce sera The Cult.

Au début, je comptais me vautrer avec délectation dans le mauvais goût qui me caractérise et parler d’un film opéra rock gore et sanguinolent de 2008, titré Repo! The Genetic Opera, puis j’ai ensuite hésité à parler du Groupe Sisters of Mercy à consommer au comptoir d’un pub, une pinte de bière brune en main. Mais finalement cet été, en parcourant mes disques j’ai replongé dans la discographie du groupe The Cult.
Groupe anglais du début des années 80 en pleine mouvance post punk/gothic rock, inspiré tant par les Doors que par la culture amérindienne, le groupe s’oriente par la suite vers le hard rock et le heavy metal, toujours en quête de renouvellement, il n’hésite pas à dérouter les attentes des fans et à changer de style. Encore en activité aujourd’hui après reformation, The Cult reste un groupe fascinant, porté par une musique tour à tour aérienne, saturée, parfois psyché et un chanteur charismatique à la voix puissante.

  • Love (1985): l’album incontournable avec leur single le plus connu “She Sells Sanctuary”
  • Sonic Temple (1989): Le plus “succès commercial”, suivi d’une tournée éreintante
  • The Cult (1994): le plus “pas grunge”, malheureusement boudé à l’époque

Et bien sûr, tous les autres…


Clémence Labeyrie
attachée d’administration au Rocher de Palmer
Orties
Groupe Berthe

Je tenais à aller à Fest’Arts cette année pour voir la dernière programmation de Dominique Beyly et je suis tombée sur la création Orties du Group Berthe, une forme de ballet sur fond d’electro aux dialogues rock’n’roll ! 3 hommes/3 femmes nous racontent la danse du couple, au sens nietzschéen, de sa naissance à sa mort. La danse y est répétitive, comme la musique, le jeu quant à lui est brut. C’est étonnant, hors des sentiers battus, juste, drôle et violent. Une claque sur chaque visage du public nous montrant à chacun notre absurdité, en tant que femme et en tant qu’homme. Pour l’anecdote, on y retrouve Cécile Jarsaillon des Suprêmes Dindes en comédienne/danseuse et je n’en fus pas étonnée… « Orties » est une création aussi cash, drôle et décapante mais un poil plus sérieux que le groupe de musique !

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Polo Ruesz
chargé de la ressource au Krakatoa
Choose Your Weapon de Hiatus Kaiyote

H.I.A.T.U.S K.A.I.Y.O.T.E n’est pas un nom simple a prononcer, mais leur nu-soul futuriste vous imposera de vous en souvenir si vous voulez écouter ce qu’il se fait de mieux dans le groove contemporain. En 2014, leur single Nakamarra feat.Q-Tip est nommé aux Grammy Awards 2014 dans la catégorie R&B. Bien que cette récompense ne soit pas gage de qualité, elle fait briller un peu plus le quatuor australien, leur donnant la confiance de pondre le magnifique second album Choose Your Weapon. C’est un véritable voyage qu’ils nous proposent, improbable et imprédictible, comparable à certaines épopées que nous ont offert Kendrick Lamar ou D’Angelo dans leur derniers albums. Il m’est impossible de mémoriser un morceau en entier tellement les structures sont complexes et inattendues, mais Hiatus Kaiyote propose un groove qui plairait autant aux élitistes qu’aux simples d’oreille. Après trois années d’écoute en boucle, un certain Kamasi Washington pourrait les détrôner depuis que j’ai eu la chance de découvrir The Epic…

https://www.youtube.com/watch?v=Ozr4KsZBTvQ


Marc Perperot
chargé de l’accueil et de la répétition à Rock et Chanson
Point Limite Zéro
film de Richard C. Sarafian, 1971

Chef d’œuvre méconnu du cinéma américain des années 70, ce road movie est, au même titre qu’ Easy Rider, une plongée dans l’Amérique de l’époque, en proie à ses vieux démons et aux affres d’une contre-culture sur le déclin. Le scénario tient en deux lignes: un homme, Kowalski, doit convoyer le plus rapidement possible une voiture entre Denver et San Francisco. De l’essence pour la Doge, des amphets pour le pilote, et une course folle s’engage entre lui et les forces de police. Dans cette fuite en avant crépusculaire, Kowalski croise, sans vraiment les affronter, ses propres tourments et ceux d’un pays pétri de paradoxes.
À (ré)écouter après le film… Vanishing Point, l’album de Primal Scream qui s’inspira en large partie du film, et le titre de Mountain Mississippi Queen, devenu à l’instar de Born to Be Wild un des grands hymnes de la mythologie motorisée américaine…

https://www.youtube.com/watch?v=qFhM1XZsh6o
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