Support Your Local Band – StrayBird

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Petit oiseau deviendra grand : StrayBird, retenez bien ce nom. Derrière, se cache Laëtitia Faurie, 23 ans et déjà très repérée pour son electro sensible et ses lives enlevés. Souvent (trop ?) comparée à son ami Fakear, elle entend bien voler de ses propres ailes avec son 1er EP à paraître chez Banzaï Lab.

Comment en es-tu arrivée aux musiques électroniques ?

Au départ, je ne me destinais pas à ça – en fait, j’ai toujours voulu découvrir plein de choses. Depuis toute jeune, j’ai joué de la guitare, des percussions, du piano… dans plein de groupes et orchestres, du jazz au classique via le metal et le garage. Le truc, c’est que je n’arrivais jamais à imposer mes idées.
Et puis je me suis retrouvée en fac de musicologie à Évry. J’avais grandi avec des parents très portés sur le classique et le rock progressif – bercée à Yes, Genesis, Magma… – et, au collège-lycée, j’étais très branchée rock et trip-hop (Archive, Massive Attack, Saint-Germain…). À la fac, j’ai découvert l’electro, Flume, Bonobo, Flying Lotus… Et je me suis rendu compte que ce n’était pas que de la "branlette" ! (rires) Je veux dire, la musicologie m’a montré à quel point il y avait une vraie recherche, dans les rythmes, la composition, la création d’instruments.
Et il se trouve que j’étais dans la même promo que Fakear, qui m’a montré comment me servir d’un MPC [music production center, ndlr]. J’ai appris de mon côté, produit des musiques de jeux vidéo, mais mon grand plaisir, c’était de pouvoir enfin travailler pour moi, avec mes idées. Fakear, lui, avait de l’avance et il s’est mis à exploser, c’était génial ! Ça m’a fait prendre conscience que réussir dans la musique, ça n’arrivait pas qu’aux autres !

Ça explique le parallèle souvent fait entre la musique de Fakear et la tienne ?

Sans doute, oui – les machines sont les mêmes, et on avait à peu près le même point de départ. Quand j’ai posté sur Soundcloud l’EP « zéro », Experiments With Elements, c’était encore assez proche – comme Thylacine aussi, on suit tous un peu la direction montrée par Superpoze…
La “nouvelle French Touch”, qu’ils appellent ça.
Maintenant, avec l’EP 1 In Transit qui sort le 29 avril chez Banzaï Lab, je prends ma propre direction. J’y développe un univers complet qui me ressemble, pour aboutir à l’album qui sortira l’an prochain. Ça transparaîtra dans les visuels, les clips, et j’écris des contes qui l’accompagnent. Où l’on suit un personnage dans les étapes d’un voyage initiatique, découvrant la diversité au fil de rencontres sur terre (l’EP 1, avec ses samples gaëliques, arabisants, asiatiques…) puis sur des planètes que d’autres ont façonné à leur image (l’EP 2 où, là, je compte me détacher des samples, poser plus ma voix). Dans l’album, il crée sa planète pour se rendre compte qu’elle est bien vide et que son monde ne vaut que s’il est partagé par tous… Une allégorie de ma musique, en somme.
Un univers un peu enfantin qui me va bien, moi la fan de DC Comics qui m’amuse tellement au contact des enfants – j’en garde pour gagner ma vie. Mon nom, StrayBird [oiseau sauvage ou errant], je ne l’ai pas choisi juste parce que je mesure 1,50 m (rires) !
Il y a aussi ce mélange d’innocence et d’émancipation.

Comment expliques-tu que ça se soit mis à fonctionner si bien en arrivant à Bordeaux ?

Je ne sais pas trop, il y a un truc avec cette ville. À Paris, tu as finalement assez peu de contact avec le public, et côté pro c’est dur. Ici, j’y suis arrivée il y a un an et demi, et c’est fou comme ça va vite pour tisser du lien. Au bout de deux mois et quelques démarches, je jouais à l’I.Boat, Marie de Banzaï Lab me prenait sous son aile… En quelques concerts, j’avais déjà un petit comité de fans, c’était irréel !
Et puis, avec Banzaï, j’ai appris énormément en peu de temps. Ils n’ont pas beaucoup de moyens mais ils sont carrés et très humains, ça compte pour moi. Ce sont eux qui m’ont donné envie de m’y mettre vraiment à fond – même si c’est 80% de boulot et de business et 20% seulement de rigolade. Grâce à eux, j’ai trouvé un éditeur (Alter K) et un tourneur (Cartel Concerts) et j’ai pu me lancer dans des tremplins. J’ai été finaliste du Ricard Live SA – plein de contacts à la clé – et j’ai été retenue pour jouer au BPM de la Villa Schweppes à Nantes.
Les Inouïs du Printemps de Bourges, paraît que je suis pas passée loin mais je me dis que ce sera pour l’année prochaine : ça me donne du temps pour monter un live au top. Déjà, avec ma culpabilité de ne pas tout jouer live, j’essaie de montrer quelque chose de ludique, en tournant mon MPC vers le public pour qu’il me voie jouer. À terme, j’aimerais poser ma voix et jouer des instruments. Histoire de montrer qu’on peut encore créer du nouveau dans ma génération de "tricheurs" et de "copiés-collés" (rires) !

Le 6 mai à la M.A.C. (Pessac), le 3 juin à Bordeaux pour la Semaine Kamikaze de Banzaï Lab.
soundcloud.com/straybirdmusic et
www.banzailab.com/artists/straybird/


La playlist de Laëtitita

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