Support Your Local Band – StaticObserver

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Tel le phœnix, la pop érudite de StaticObserver, a.k.a. Jean-Baptiste Guignard, a repris vie après sept ans de silence. En formation resserrée, autour de Clay, un outil de son invention lui permettant de contrôler le son de simples gestes de la main. Musicalement et techniquement épatant.

< © Olivier Seguin

Je crois que ton parcours est assez éclairant pour comprendre ta musique…

J’ai suivi un double cursus à l’université de Bordeaux, en littérature anglo-américaine et en sciences du langage. J’ai fini par devenir enseignant-chercheur en sciences cognitives à la Sorbonne, au croisement de la linguistique, des neurosciences et de la psychologie. J’ai aussi été formé à l’ingénierie audionumérique, ce qui m’aide à produire mes morceaux. Je suis un hybride littéraire/scientifique assez bizarre… (sourire) J’ai gardé un pied à la Sorbonne, comme responsable de la formation rhétorique du festival Fleurs d’Éloquence, mais j’en suis détaché pour création d’entreprise.

Une entreprise pour lancer Clay, le dispositif dont tu te sers pour “manipuler” ta musique dans StaticObserver…

C’est ça. L’idée nous est venue avec mon associé Thomas Amilien, chef d’orchestre de la Cie des Rugissants, quand il a voulu monter une pièce de musique dodécaphonique avec des notes qui paraissent aléatoires, beaucoup de silences, une impression que parfois le chef dirige du rien… Il cherchait un moyen de rendre ça plus “funky” sur scène (sourire). Clay est né comme ça, comme un dispositif d’art numérique où le chef manipule la musique en temps réel. Les essais ont été bons, et on a cherché d’autres moyens de l’exploiter, dans le spectacle vivant, avec le grand public au travers d’une application pour smartphone, mais aussi auprès de personnes en souffrance cognitive comme les personnes âgées, car le fait de pouvoir manipuler de manière corporelle sa musique stimule la mémoire. C’est sur l’appli qu’on planche le plus actuellement. On espère la sortir à Noël, chacun pourra s’essayer à ce que je fais en live : avec de simples gestes de la main, jouer sur le tempo d’un morceau, lui appliquer des effets…

Ce qui nous ramène à ta musique. C’est Clay qui a fait renaître le projet musical StaticObserver ?

Pas tout à fait. Je m’y suis remis en 2012, suite à une rupture sentimentale. Une grosse déprime, où j’ai passé six mois enfermé en mode caleçon-whisky… (sourire) Ça a donné naissance à une quinzaine de titres, dont quatre sont sur l’EP1 sorti chez Such en mai. Les autres formeront l’album à paraître fin novembre chez Harmonia Mundi. Je l’ai conçu comme un bouquin, dix chapitres sur la fabrique de la folie, sur la trahison, le manque, le vide, le non-sens… Un peu à la manière d’un Faulkner, dont l’abord peut paraître foutraque à la lecture, mais où tout fait sens à la fin. C’est un peu comme ça que j’essaie de faire de la musique.
Quand j’ai remonté le “groupe”, j’ai juste fait appel à Julien Grolleau, le batteur de Cliché et My AnT. À l’époque de Static première période, entre 2006 et 2008, on était six ! On avait été repéré très vite, invité au festival Les Festins sonores ou au Café de la Danse, alors qu’un mois avant on jouait dans la cuisine ! Une épiphanie naïve : tout était bien, facile… Mais malgré les dates et quelques campagnes de musique à l’image (comme un Golden Christmas de Dior), ça ne vous fait pas vivre, la musique. Alors, là, je suis reparti sur une formation très resserrée, mais deux pour jouer l’album, c’est chaud ! On voulait que tout soit joué live et c’est tout juste si on utilise quelques patterns de trois-quatre notes. Il nous a fallu neuf mois pour arriver à une heure de set…

On a pu vous voir récemment, au festival Vie Sauvage notamment. Ça commence à prendre du côté des programmateurs ?

Oui, d’autant qu’on a eu la chance d’avoir quelques relais d’importance, comme le boss de Traktion, qui est fan au point d’avoir utilisé le titre Rorschach Litany dans le teaser de la dernière version de son logiciel de production musicale et a même lancé un concours de remixes autour du titre.
Mais ce qui fait que ça fonctionne bien aujourd’hui, c’est l’alliance des deux aspects, Static et Clay, la musique et les arts numériques. Ça offre à l’auditeur un prisme plus immédiat pour aborder cette pop assez particulière. C’est grâce à ça qu’on entre en résidence pour deux ans au sein de l’incubateur Creatis de la Gaîté Lyrique, pour développer l’appli et travailler la scéno et le son, et qu’on est invité le 27 novembre au Palais de Tokyo – une date qu’on a dégotée grâce à FX Levieux, l’un des créateurs des Get Wet Parties à Paris et Bordeaux.
Mais on n’oublie pas Bordeaux pour autant : on va jouer le 10 octobre à l’Antirøuille – Rock et Chanson nous a toujours soutenus, déjà du temps de Static première période. Et on sera le 19 novembre à l’I.Boat, où on ouvrira pour Ghost Culture. Juste à la veille de la sortie de l’album.

La playlist de Jean-Baptiste

  • Jackson & His Computer Band, Memory
  • Air, Playground Love
  • Goldfrapp, Lovely Head
  • Son Lux, You Don’t Know Me
  • Lowell Liebermann, Gargoyles, Op. 29, III : Allegro moderato

 

 

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