Y’a pas que la musique dans la vie… y’a le vin aussi !

Le 1er juin, la Cité du Vin ouvrira ses portes aux Bassins à flot.
L’occasion de faire le point sur ce qui lie vin et musique, deux jambes solides de la culture à la sauce bordelaise.

MANU2

Programmateur de la Rock School Barbey, Manu Rancèze se nourrit aussi d'une autre passion, vinicole celle-ci.

Comment es-tu tombé dans le vin ?

Mon père est béarnais et il y a toujours eu du Jurançon à la maison. Ce vin-là, sucré, vif et plein de fraîcheur, c'est un peu ma madeleine. J'ai donc eu une première révélation qui m'a conduit à poursuivre l'exploration des vins, à goûter, sentir, et découvrir les vins d'ailleurs.

C'est quoi, le rapport entre un bon concert et une bonne bouteille ?

Le partage ! Les potes, au concert ou autour d’une bouteille, c’est super important. La recherche aussi, dénicher le truc qui va te faire vibrer, le truc qui te parle, où tu te dis, tiens, ça, c’est pour moi !

Pourquoi est-ce important de décloisonner les deux mondes, comme tu le fais en conviant des vignerons pour faire déguster les groupes qui passent à Barbey ?

Tous les gens ou presque aiment le vin, peuvent avoir une histoire à raconter, et tous écoutent ou ont écouté de la musique, et peuvent te raconter un truc qui les a marqués. C’est important de montrer que derrière l’image de Bordeaux, qui a longtemps cultivé la distinction et l'élitisme, il y a des hommes et des femmes. On vient de faire un partenariat avec le Syndicat des Bordeaux - Bordeaux Supérieur et de l’Entre-deux-Mers pour aller plus loin, il y aura bientôt des dégustations pour les groupes, une carte de vins irréprochable au bar et des soirées pour le public.

Ton vin préféré ?

Comme la musique, ça dépend du contexte, du lieu, des gens, de l’ambiance ! J'aime vraiment beaucoup les Riesling allemands, et les Bourgogne. Si tu connais le vigneron, tu peux aussi avoir un attachement particulier à ses vins : les vins que travaille Stéphane Derenoncourt, je les adorais avant de le connaître. On s'est rencontré, on est devenu amis, et ses vins ont pris une nouvelle dimension…

vin

Artisan vigneron et consultant viticole, Stéphane Derenoncourt se nourrit aussi d'une autre passion, musicale celle-là.

Comment es-tu tombé dans la musique ?

Naturellement, en achetant ma première guitare à 12 ans. On cherchait des riffs à reproduire. AC/DC, Deep Purple, Clapton, Status Quo, ZZ Top étaient alors en plein succès !

C'est quoi, le rapport entre un bon concert et une bonne bouteille ?

L'intensité et la longueur. Le vin doit proposer une variation aromatique complexe et variée, tout comme l'organisation du choix des morceaux dans un concert. La longueur en bouche, comme la durée d'un concert, sont parties essentielles de ce qu’on en retiendra...

Pourquoi est-ce important de décloisonner les deux mondes, comme tu l'as fait en sortant en octobre dernier ce livre Wine On Tour, entre vin et rock'n'roll ?

Parce que le rock est une contre-culture qui s’adapte bien au vin. Le monde du vin n’est plus aussi figé qu’il l’était. L'information circule plus vite, Internet a facilité la distribution des vins. De fait les amateurs ont sensiblement rajeuni en moyenne d’âge. On peut trouver différents codes aujourd'hui. Puis le rock, finalement, ne manque pas de noblesse... Il n'y a pas que la musique classique !

Ton disque préféré ?

Mon disque fétiche est sans doute le "Rain Dogs" de Tom Waits, de 1985. Les concerts les plus magiques étaient ceux de la fin des années 70, à Torhout, en Belgique, pour le festival de rock. The Cure, Talking Heads, Costello, U2, Dire Straits, et bien d'autres…

WineonTourWINE ON TOUR

"Wine on Tour" n'est pas un livre qui parle vraiment de musique, ni vraiment de vin. Il est pourtant en format 33-tours, sa préface est signée par Iggy Pop (un autre amateur de vin)et chaque titre de chapitre emprunte ceux de chansons d'artistes qui ont marqué son histoire du rock : les Stones, PJ Harvey, les Clash, Bob Dylan, Tom Waits... dont Stéphane Derenoncourt est un fan ultime. Pas besoin d’être un spécialiste de l’un ou de l’autre : il s'agit d’abord de "vivre, sentir et partager".
On le suit dans son parcours hors-norme d’autodidacte à la légitimité difficilement conquise, dans sa rébellion et sa volonté de transmettre, avec conviction et bienveillance.

"Wine on Tour – Derenoncourt, un homme, un groupe", co-réalisé avec Claire Brosse et Christophe Goussard, aux éditions La Fabrique de l’Epure (2015).


LA PLAYLIST VINICOLE

Ceci est un bonus web de l’article "Y’a pas que la musique dans la vie… y’a le vin aussi !" paru dans la revue papier BISOU. Pour découvrir l’article complet (on y parle du festival Vie Sauvage et des soirées Diva au Rocher de Palmer aussi !), on se retrouve page 10 de votre exemplaire !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *