Botibol en résidence…

Au départ, Monsieur Botibol était seul, homme orchestre élaborant dans sa cuisine d’étudiant des compositions à tiroirs, convoquant piano, basse, guitare, glockenspiel, harmonium et tambourin dans une échappée vers les fonds marins et les cimes canadiennes, extraordinaires pourvoyeuses de bijoux folk de référence. On pouvait entendre sa voix versatile et ses arrangements singuliers à l’Inca ou dans ces lieux secrets qui maillent le sous-sol bordelais.

Un projet de premier album sous le bras (« Born from a shore », sorti en février 2011 chez H!pH!pH!p), il a rejoint la Pépinière du Krakatoa : accompagnement juridique, résidences, diffusion en première partie de concerts à guichets fermés (Moriarty, Patrick Watson…), l’artiste s’est très vite fait une place de choix dans la riche scène bordelaise. “A l’époque, il est arrivé pour lire ses contrats de production du premier disque, indique Guillaume, en charge de la Pépinière du Krakatoa. Ça s’est enclenché comme ça, une première partie où il a mis une claque à tout le monde.”

C’est alors que Botibol a tapé dans l’oreille des prescripteurs nationaux : la presse et les radios nationales qui comptent, puis, sur les conseils du Krakatoa, le prix Chorus, qui lui a échappé, mais l’a mené droit dans l’écurie Daka Tour.

Pour rendre compte sur scène de la richesse de ses compositions, deux puis trois compagnons de route ont complété l’effectif, à la faveur du bouillonnement créatif du collectif Iceberg et du projet Crane Angels. 2012 fut l’année capitale pour Iceberg et leur label Animal Factory : tandis que Botibol (armé d’un nouvel EP, “The Wild Cruises”, sorti en avril 2012 chez H!pH!pH!p) et Petit Fantôme défendaient les couleurs aquitaines aux Découvertes du Printemps de Bourges, la formation Crane Angels jouait aussi à Bourges, mais dans la programmation générale. A la fin de l’année, les Trans donnaient carte blanche au collectif.

Aujourd’hui, un nouvel album et une nouvelle tournée sont en préparation pour Botibol. La résidence, portée par le Krakatoa et soutenue par le CNV, est accueillie par Rock&Chanson.

botibol

“J’ai découvert Botibol au Krakatoa, je faisais la régie lumière pour un concert en forme “Klub” où il jouait tout seul. Après, j’ai acheté 4 ou 5 fois l’album pour l’offrir”, se souvient Emmanuel, régisseur-programmateur de la structure talençaise.

Vincent (le Monsieur Botibol du début) et Antoine (qui manie la batterie, un des rares instruments échappant aux capacités du premier) travaillent d’arrache-pied à l’Antirouille, l’intime salle à la fine acoustique aménagée pour l’occasion, accompagnés de l’ingénieur du son Cyrille Gachet, un fidèle compère de Rock&Chanson (il a travaillé notamment avec Year of No Light et United Fools) et d’Iceberg (il était aux commandes du précédent Botibol et du dernier opus des Crane Angels).

“Ils sont vraiment autonomes, remarque Emmanuel, je vais les voir pendant une petite heure pour faire le point, mais c’est important de les laisser dans leur bulle, qu’ils puissent travailler dans de bonnes conditions.” La pré-production avance, on entend de l’extérieur quelques sons de guitare, une prise batterie. Le résultat s’entendra dans quelques mois : une sortie d’album et du live, pourvu que les agendas concordent entre les différents projets de chacun (Arch Woodmann, Crane Angels, Petit Fantôme…).
Quoi qu’il arrive, on n’a pas fini de découvrir de nouvelles parties émergentes de l’Iceberg.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *